Playing tracks by

Tomoko Sauvage, Mise En Scene, Coppice, Thomas Tilly and Julien Beau.

The best from a world of field recordings, curated by Patrick McGinley. This regular edition features Astrid & Ephraim Wegner, Steve Peters, Coppice, Tarab, Thomas Tilly, Julien Beau, Tomoko Sauvage, Miseenscene, and a framework introduction recorded by Sam Roberts. Visit frameworkradio.net for more information. Contact info@frameworkradio.net.

Playlist =

01/ Ghédalia Tazartès – Soul 3 (Hystérie Off Music/Holidays Records/Juin 14)
02/ Ghédalia Tazartès – Jazz (Hystérie Off Music/Holidays Records/Juin 14)
03/ Ghédalia Tazartès – Country 1 (Hystérie Off Music/Holidays Records/Juin 14)
04/ Junko – Full Void (extrait) (The Void/Erratum/Fin 2014)
05/ Julien Beau -Ecmnésie (Reflet/Aposiopèse/Juin 13)
06/ Julien Beau – Ethopée (Reflet/Aposiopèse/Juin 13)
07/ Building Instrument – Historia (Building Instrument/Hubro/Mai 14)
08/ Building Instrument – Alt e Bra (Building Instrument/Hubro/Mai 14)

—English version below—

J’ai débuté l’émission avec Ghédalia Tazartès et « Hystérie Off Music », une réédition vinyle sur le label italien Holidays Records. Sorti à l’origine sur le label français Jardin au Fou en 2007, cette œuvre de l’artiste français est un beau florilège de ce que sa musique est. Un travail de l’élement sonore ou plutôt de l’objet sonore en tant que tel, il se joue sans cesse des côtés anecdotiques du sonore, des styles et de la narration. Sur « Hystérie Off Music » c’est d’ailleurs sur et avec les styles musicaux qu’il s’amuse. On peut bien parler d’amusement tant le second degré inonde sa musique et sûrement le personnage. Il passe de différentes approches Soul, au Jazz et à la Country en n’oubliant pas une piste bonus ! Vous l’aurez compris je l’espère ici, comme avec les sons, il joue avec les mots et leurs sens pour les détourner à son gré.

J’ai continué avec un label qui fait sa première apparition dans l’émission, c’est Erratum, initiative française de Joachim Montessuis, poète sonore, se jouant à la fois de sa voix évidemment mais aussi du bruit. Les deux extrêmes a priori, la première amène le plus souvent le sens et le second l’indistinction. Pourtant en écoutant par exemple la prochaine sortie du label prévue pour la fin de l’année, avec Junko, c’est bien le croisement de ces deux éléments qui s’opère. La voix devient source d’indistinction et ainsi donc de bruit, mais en écoutant de plus près, tout comme il est nécessaire avec ce dernier, on distingue des matières qu’on ne pensait pas entendre. Une sorte de paréidolie auditive se met en place, des hallucinations sonores, comme si l’oreille, reconnaissant une voix, voulait de manière automatique, lui donné du sens. A première écoute on est d’abord évidemment choqué et surpris par une certaine violence qui caractérise ce genre d’approche radicale, mais ne vous laissez pas intimidé, le choc et le malaise sont tout aussi naturels.

Après ce long moment au cœur de la voix et du cri, nous sommes retourné dans une atmosphère plus feutrée et, par comparaison, plus sereine avec Julien Beau et son « Reflet », réédition d’une sortie de février 2010 parue en juin 2013 sur le label Aposiopèse, qui se montre aussi pour la première fois ici. Julien Beau est un local, puisqu’il a suivi une formation en composition électroacoustique au conservatoire de Bordeaux et a collaboré avec le SCRIME, et habite dorénavant à Paris. « Reflet » est son premier album. On sent bien son parcours en électroacoustique dans l’approche qu’il a des sons, de leur composition et de l’influence de la musique concrète. C’est loin d’être une mauvaise chose ici puisqu’il arrive à amalgamer une certaine quantité de sons pris aussi bien d’instruments acoustiques qu’issus d’enregistrements en extérieur, que du numérique à l’analogique. On est rapidement pris par l’atmosphère qui plane sur cette sortie, une grande cohérence donc malgré tous ces sons d’origines diverses.

J’ai terminé cette émission qui est dédiée à la voix et aux voix. Avec celle de Mari Kvien Brunvoll du trio suédois Building Instrument, qui a sorti en mai dernier un disque éponyme sur le label Hubro. Ne vous fiez pas aux apparences encore une fois, loin de la voix bruitée de Junko, ici la voix chantée est accompagnée d’inclassables parties instrumentales. Même si ce n’est pas ce que vous écoutez le plus souvent dans Déphasage, l’indistinction de leur musique m’a interpellé suffisamment pour vous la partager. Comme dit dans leur bio, c’est bien un « no-mans-land » qu’ils comblent. La majorité de ce que vous allez entendre à été improvisé en direct, ce qui donne un résultat des plus vivants que ne pourrait avoir autrement.

—English version—
I’ve begun the show with Ghédalia Tazartès and “Hystérie Off Music”, a vinyl reissue on the italian label Holidays Records. Initially released by the french label Jardin au Fou in 2007, this work by this french artist is a beautiful collection of what his music is about. A work on sound elements or more accurately sound objects itselves, he plays continuously on the concrete sides of sounds, on music styles and narration. Incidentally on “Hystérie Off Music” this is about and with music style that he has fun with. We can clearly speak about amusement because of the constant irony we can find here on his music and very probably on the man too. He moves from one approach to another, Soul, Jazz and Country while not forgetting the bonus track ! I hope you can understand that here, as he plays with sounds, he plays with words and their meanings too to twist them as desired.

I’ve went on with a label that makes his first appearance in Déphasage, this is Erratum, a french initiative from Joachim Montessuis, sound poet, playing at the same time his voice off course and noise too. Two extremes in principle, the first one carries sense most of the time and the second one indistinction. And yet, by listening to this next release scheduled for the end of the year, with Junko and “The Void”, this is a true junction between those two elements that is happening. The voice becomes an indistinction source and so, of noise, but if we listen closer, as it’s essentiel with the latter, we can distinguish some matters that we thought we could not listen to. A kind of audio pareidolia is occuring, audio hallucinations, as if our ears, by deciphering a voice, wanted to give it a sense in an automatic way. When we listen to this release the first time we are shocked and surprised by this kind of violence which is defining this type of radical approach, but don’t let yourself be intimidate, schock and unease are natural too.

After this long moment at the heart of voice and shout, we go back to some more muffled atmospheres and, comparatively, more serene with Julien Beau and his “Reflet”, a reissue of a release from 2010 released in June 2013 on Aposiopèse, a new label for the show too. Julien Beau is from Bordeaux, he took some courses in electroacoustic composition at the conservatoire and collaborated with the SCRIME (a research studio in electroacoustic music in Bordeaux too), and lives in Paris today. We can feel is path in electroacoustic in the way he’s approaching sounds, in the way he puts them together and his influence from Musique Concrète. It’s far from being a bad thing because he succeeds in mixing up a certain amount of sounds taken from acoustic instruments to field recordings, in the digital and in the analog domain. We are quickly striked by the atmosphere that is hovering on this release, it shows a great consistency despite the large amont of sounds.

I’ve finished this show dedicated to voice and voices. With the one from Mari Kvien Brunvoll and the swedish trio Building Instrument, who has released last May a self-titled production on the labl Hubro. Once again, don’t be misled by the appearances, far from the noisy voice of Junko, the sung voice here is accompanied by unclassifiable instrumental parts. Even if it’s not what you often listen to on Déphasage, the indistinction of their music called out my attention enough to make me share it with you. As it’s said in their biography, this is a “no mans land” that they’re filling. The most part of what you have or will listen to is live improvisation in the studio, giving a more alive result than if they made it a different way.

Cet été, les enfants et les adolescents vont pouvoir découvrir le patrimoine architectural de la forteresse de Salses à travers une radio expérimentale. Les tours à signaux, les galeries de communication, les voies de circulation de la forteresse de Salses sont primordiales dans cet ouvrage militaire. Ainsi, la Radio Forteresse permettra aux enfants de diffuser leurs créations sonores conçues lors des ateliers.

Laura Ruiz et Julien Beau expérimentent à la forteresse de Salses.

Dates de l’action : Du 21 juillet au vendredi 1er août 2014

Public : 96 enfants et jeunes de 8 ans à 15 ans, soit 24  par séjour, venus d’au moins deux structures éducatives différentes afin de favoriser la mixité sociale et la rencontre entre les enfants et les jeunes.

A l’initiative de la DRAC-LR et des partenaires institutionnels, les actions « Portes du Temps » ont vu le jour grâce aux différents porteurs de projets, issus principalement de l’éducation populaire, implantés sur divers territoires en Languedoc-Roussillon.

http://radioforteresse.wordpress.com

http://lesportesdutemps.culture.gouv.fr/lieux/forteresse-de-salses

(US) WZBC RADIO :::: RARE FREQUENCY JUN 12TH

MY PIECE “Ethopée” FROM “Reflet” ALBUM (APO 6)
http://www.aposiopese.com/pages/reflet.html
http://electrodoc.musiques-recherches.be/fr/m/3189/reflet

AND MORE !!! (APOSIOPESE, MEGO, MILLE PLATEAUX)

PLAYLIST
https://spinitron.com/radio/playlist.php?station=wzbc&ptype=n&month=Jun&year=2014&playlist=27339#here

LISTEN
http://zbconline.com/wzbc-2014-06-12-19-00.m3u
http://zbconline.com/wzbc-2014-06-12-20-00.m3u
http://zbconline.com/wzbc-2014-06-12-21-00.m3u

De botanica sonorum
Rossolis

 

 

Musique et paysages sonores composés par Julien Beau
Texte et voix de Stéphane Bataillon

En référence à l’oeuvre majeure “De natura sonorum” du compositeur Bernard Parmegiani, ce titre évoque un souhait de rendre hommage de la manière la plus poétique qui soit à la nature et plus précisément à la botanique, sciences des végétaux. En croisant le travail et les découvertes des célèbres explorateurs et chercheurs Philibert Commerson et Pierre Schaeffer, nous remarquons bien la similitude de chacun à vouloir répertorier des espèces, des familles de « matières » qu’elles soient végétales ou sonores. Il est temps aujourd’hui de renouer avec notre authentique perception du monde, les liens qui nous unissent entre notre héritage, notre évolution et notre mémoire collectives. Elle a toujours inspiré les arts, la peinture et la musique. Elle s’est progressivement isolé de notre société moderne au lieu de faire corps avec cette dernière.

Décontextualiser la matière vivante est aussi la meilleure façon de la connaître, de l’étudier et de la percevoir au plus juste, au plus près, ce que n’ont cessé de faire les grands personnages de notre Histoire.

A titre expérimental, nous avons choisis une espèce carnivore et protégée trouvant refuge dans les tourbières du Limousin, la droséra ou rossolis (la rosée du soleil). Ce sont « des plantes ornementales à sphaines rougeâtres et qui vivent dans des milieux humides, pauvres et acides. Elles sont sensibles aux excitations mécaniques et chimiques. Elles portent des poils glanduleux, parfois irritables, sécrétant des substances mucilagineuses qui attirent et engluent les insectes. Les insectes ainsi piégés peuvent ensuite être digérés par des enzymes protéolytiques ».

Phonographie d’un paysage avec ces sonorités qui lui sont habituelles, à savoir le « silence habité » et l’ambiance d’une forêt qui dévoile sa faune et sa flore, ce portrait sonore se précise avec l’arrivée progressive de nouveaux éléments comme le gazouillement ou autres phénomènes évoquant la forte présence de l’eau, de mousses et d’insectes. Cette soudaine tension obtenue par la juxtaposition de ces figures sur fond attire notre écoute vers une échelle plus précise, comme la lumière qui nous est indispensable pour discerner les formes. L’utilisation de sons purs comme la synthèse par modulation de fréquences symbolise ici l’arrivée d’une luminosité accrue. Cette métaphore est censée décrire au soleil, le mucilage (qui) permet à la feuille de briller comme si elle était recouverte de rosée ou de nectar et ainsi attirer les insectes vers le piège.

theorbitradio.wordpress.com

http://hortensefestival.tumblr.com